Revue du web du 18 au 24 août

cloud17Commençons cette revue du web par un drame dont l’histoire a fait le tour des médias et des réseaux sociaux : une femme, en Irlande, a été forcée d’accoucher par césarienne. Elle avait été violée, mais la justice de son pays lui a interdit de recourir à l’IVG, malgré ses tentatives de suicide. Pourtant, depuis juillet 2013, une loi légalise l’avortement, dans le cas où la grossesse fait courir à la mère un « risque réel et substantiel pour sa vie ».

Autre violence, dénoncée cette fois-ci via une pétition, un groupe de femmes survivantes vient d’exiger que les viols commis sous Pinochet au Chili soient punis. Aujourd’hui, aucun Chilien n’est en prison pour viol ou torture sexuelle sous la dictature, ce crime n’est pour l’instant pas reconnu.

En restant toujours dans la thématique des violences et des améliorations à mettre en oeuvre, en France, le téléphone d’urgence pour les femmes battues va être généralisé. Dès septembre, 500 appareils vont être déployés pour renforcer le dispositif déjà expérimenté dans 13 départements.

L’actualité cette semaine, a aussi été marquée par des sujets sur l’égalité hommes-femmes. Une nouvelle étude montre que les femmes PDG gagnent 35% de moins que leurs collègues hommes. Dans l’hémicycle, les inégalités prennent encore une autre forme. Les députées françaises demandent à ce que leur-e suppléant-e puisse remplacer une parlementaire pendant son congé maternité et parental. Elles sont, pour l’instant, obligées de continuer d’assurer leur mandat pendant leur grossesse.

Pour finir, on vous conseille (si vous avez les nerfs solides) d’aller écouter en podcast l’émission Le débat de midi, du mercredi 20 août, sur France Inter. Le sujet, « Les mères sont-elles capables de laisser leur place aux pères ? » a laissé place à toutes sortes d’arguments masculinistes, suscitant des réactions hallucinées sur Twitter :

 

Revue du web du 11 au 17 août

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Parce que l’émancipation des femmes ne se fera pas sans l’émancipation de tou-te-s les opprimé-e-s,  et parce que la majorité des femmes ne sont pas blanches, les Ourses souhaitent placer cette revue de web sous le signe de l’intersectionnalité.

Commençons donc par le meurtre raciste de Mike Brown à Ferguson, qui a vu fleurir la solidarité d’assocs LGBT, signataires d’un texte qui rappelle cette phrase de Martin Luther King : “In the end, we will remember not the words of our enemies … but the silence of our friends.”*

Le racisme frappe toujours en France, en particulier sous sa déclinaison islamophobe, mais la contre-offensive s’organise : grâce à l’action du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la mairie de Wissous a vu annuler son règlement refoulant les femmes voilées de ses plages.

Un peu partout dans le monde, les mobilisations des femmes portent leurs fruits : en Tunisie, le ministre de la Justice, des droits de l’homme et de la justice transitionnelle a annoncé la suppression des articles garantissant l’impunité aux hommes qui épouseraient les mineures qu’ils auraient violées ou enlevées.

En Afrique du Sud, toutes les femmes séropositives enceintes auront accès aux traitements antirétroviraux à partir de l’année prochaine : une avancée importante pour la lutte contre la pandémie et pour les conditions de vie des femmes sud-africaines.

Moins collectif, mais admirable tout de même : une jeune fille indienne a coupé le pénis de l’oncle qui l’avait violée et s’apprêtait à recommencer. Commentaire de la police : « Pourquoi devrions-nous déposer une plainte contre elle ? Nous devrions surtout applaudir sa bravoure et son courage ». On attend d’entendre la même chose en France…

Côté sciences et culture,  la médaille Fields, couramment nommée « Nobel de mathématiques » a pour la première fois été attribuée à une femme, l’Iranienne Maryam Mirzakhani, ancienne étudiante de l’Université Sharif de Téhéran, dans un pays où, malgré les préjugés, les femmes sont plus nombreuses à l’université que les hommes.

Autre femme remarquable, Wang Shu Hui, qui dans les années 30 était la seule dessinatrice de bandes dessinées chinoise : son œuvre majeure, 4 femmes, profondément féministe, vient d’être enfin traduite et éditée en France. Un extrait ici.

Pour finir sur une note enthousiasmante et attendrissante : la maman d’une petite fille trans raconte en 7 minutes (et en anglais) leur histoire. Avec quelques maladresses, et quelques questions très justes sur le genre.

* “A la fin, nous ne souviendrons pas des mots de nos ennemis… mais du silence de nos amis »

Revue du web du 4 au 10 août

Commençons notre revue du web par une bonne nouvelle : l’association de lutte contre l’homophobie et la transphobie le Refuge, accueillant et accompagnant des adolescent-e-s homosexuel-lles / trans, vient de recevoir un agrément pour intervenir en milieu scolaire. Le Refuge pourra ainsi davantage sensibiliser les jeunes notamment sur leurs préjugés.

Petite victoire pour les trans, Free a décidé de rendre plus facile le changement d’état civil. Mais de nombreux progrès restent encore à faire aux entreprises pour que le quotidien des personnes trans, qui décident de changer de sexe, puisse être facilité. On se demande d’ailleurs s’il est bien nécessaire de remplir tout le temps cette fameuse case « Mlle / Madame / Monsieur », si ce n’est peut-être pour établir des statistiques dans un but commercial.

Enfin, un peu d’actualité sportive. Oui, un média féministe peut aussi parler de sport. Comme tous les ans, les compétitions internationales de football et de rugby féminin sont peu médiatisées, que cela soit par leur diffusion sur des chaînes nationales ou par les articles des médias nationaux. Pourtant, les femmes françaises obtiennent souvent de biens meilleurs résultats que leurs homologues masculins… Apprenez, donc, que la Coupe du monde de rugby a commencé le 1er août et dure jusqu’au 17, et qu’elle a lieu… en France ! On a relevé également, que les médias dominants, ont écrit quelques articles à ce sujet, mais souvent en soulignant l’extraordinaire chose incroyable : oui, les femmes aussi jouent au foot et au rugby. Le Parisien titre donc une interview ainsi : « Rugby : « Je pensais que ce n’était pas fait pour les femmes » » ; tandis que 20 minutes brosse le portrait d’une joueuse en insistant sur le « être femme et jouer au rugby », personne n’aurait idée de faire des articles à la pelle sur « être homme et jouer au rugby ». Comme le rapporte l’article, « la joueuse déplore que dans «rugby féminin», on ne retienne que «féminin» ». Ok. Bon, on déchante vite quand on voit ensuite l’intertitre en gras : « Je ne suis pas féministe non plus ». On s’aide pas les filles aussi !

Il y a aussi du foot en ce moment… Au fait, quelqu’un pourrait expliquer pourquoi l’équipe de foot des filles est appelée « les Bleuettes » ??

Bons matchs,

Les Ourses à plumes

Point d’étape Août 2014

Ch-ère-er-s (futur-e-s) lect-rice-eur-s,

Voici quelques nouvelles du projet de webzine féministe Les Ourses à plumes :

Le site :

Tout d’abord, nous vous annonçons que la date de lancement du site est décalée à novembre 2014 au lieu de septembre. En effet, nos programmeu-se-r-s (bénévoles) on été confronté-e-s à des difficultés personnelles qui les ont retardé-e-s.

La version 0.5 nous a été présentée cette semaine et elle est magnifique : Lire la suite

Revue du web spéciale Gaza

Cette semaine, nous prenons le parti de consacrer notre revue de web à l’horreur de l’offensive de l’armée israélienne à Gaza, où les femmes, comme dans toute guerre, ne sont pas épargnées. On pourrait croire que dans une guerre, seuls les militaires ou potentiels terroristes sont visés. Mais ici la logique est tout autre, on s’attaque aux civils, aux familles, n’ayons pas peur d’employer le mot « génocide » pour ces meurtres commis en toute impunité. Pour exemple, on peut citer cet article alimenté de témoignages poignants. L’association Médecins Sans Frontières comptabilise ainsi que les femmes et les enfants sont les victimes les plus nombreuses. La Marche Mondiale des Femmes France a par ailleurs publié un communiqué où elle dénonce ce massacre.

Comme nous l’avons déjà relevé dans une précédente revue de web, une parlementaire israélienne a appelé au meurtre des mères palestiniennes. Aucune limite dans la violence ne semble être imposée, grâce au soutien des pays occidentaux.

Initiative louable, un mouvement queer international dénonce ce qui est désigné comme du « Pinkwashing » chez Israël, qui ose se présenter comme un pays civilisé accueillant pour les homosexuels. « Non, nous considérons qu’un État qui pratique la colonisation, l’apartheid et le blocus ne peut pas être gay-friendly », affirment deux militants dans une tribune publiée sur Yagg.

Du côté de la répression du mouvement pro-palestinien français, les victimes n’ont pas des armes égales. Ainsi, Alain Pojolat, un militant du NPA, a été mis en examen pour appel à manifestation illégale. Alors qu’il a bénéficié de soutiens de son milieu militant, avec une pétition qui circuledes femmes simples manifestantes pro-Palestine ont subi un tout autre traitement. Nous soutenons bien évidemment toutes les victimes de cette répression, quel que soit leur sexe, leur couleur de peau ou leur religion, mais on se doit aussi de pointer du doigt les différences de traitement, pas anodines.

Les Ourses à plumes