Revue du web du 20 au 26 octobre

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France : Une pétition pour demander le soutien du gouvernement français à une résolution de l’OIT pour combattre les violences faites aux femmes au travail.

Alors que des parents d’élèves continuent à être manipulés par des forces réactionnaires et traditionalistes « contre le djendeur à l’école », certains autres parents, au contraire, se mobilisent contre le un problème bien plus réel : la perpétuation des stéréotypes sexistes. Quant à la Ministre de l’Education Nationale, elle semble faire preuve d’ouverture et revenir un tout petit peu sur la discrimination dont sont victimes les femmes voilée en France, à cette occasion, une sociologue revient sur cette utilisation de la pseudo-laïcité pour mener une politique raciste.

A l’occasion de la sortie du film Bande de filles de Céline Sciamma, un article de Slate revient sur le problème de la représentation des personnes racisées dans l’espace public et médiatique en France et les difficultés rencontrées par les actrices concernées pour trouver des rôles qui ne soient pas « des rôles de noires ». Dans ce cadre, subordonner les subventions publiques à la lutte contre les stéréotypes et les inégalités pourrait peut-être avoir un impact positif.

Monde : En remettant le Prix Sakharov au Dr. Denis Mukwege, congolais, le Parlement europeen reconnait l’importance de son combat pour les droits des femmes, en particulier les victimes de viols de guerre. Au Nigéria cette fois, Boko Haram a procédé à un nouvel enlèvement de femmes. Tandis qu’au Soudan des femmes se mobilisent contre la guerre, dont elles sont les premières victimes, avec là aussi le viol utilisé comme une arme à l’encontre des populations civiles.

Contre le pink-washing israélien, le collectif LGBT pour la Palestine continue de se mobiliser, à l’occasion cette fois du salon Free Palestine du 1er novembre.

Science : Dans un article traduit en français, Kate Greene, qui a participé à un programme d’entrainement de la NASA en vue d’une mission sur Mars revient sur les avantages d’un corps féminin pour les missions spatiales et pourquoi, en dépit de ça, la conquête spatiale fut et reste majoritairement masculine.

Une étude établit un lien directe entre humour sexiste et justification des violences faites aux femmes.

Presse : Un sommaire de (fausse) presse féminine comme on aimerait en voir pour de vrai ! Alors que la « vraie » presse féminine, elle, tente une nouvelle fois de récupéré le féminisme comme argument markéting.

Sur France Culture, un très joli documentaire de 53 minutes sur trois femmes et leurs 60 ans d’amitié, Nicole le Douarin, biologiste et Mona Ozouf et Michelle Perrot, historiennes. De gauche et féministes, elles y reviennent avec un regard critique sur leur vie professionnelle, intellectuelle, politique et personnelle, de la France des années 50 à nos jours.

Les Ourses à plumes

Revue web du 13 au 20 octobre

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Cette revue du web du 20 octobre se place sous le signe de la libération de la parole !

La semaine a été marquée par la 18e Marche de l’Existrans, sur fond de promesses non tenues sur le changement d’état-civil des personnes trans et intersexes. L’Existrans 2014 a été un succès, avec environ 5000 personnes et une ambiance très revendicative, contre le gouvernement et les attaques réactionnaires sur la notion de genre. 

La violence réactionnaire qui ne connaît pas de limites, comme on l’a vu dans l’Utah, alors qu’un gamer a réussi à provoquer l’annulation de la conférence de l’admirable Anita Sarkeesian, spécialiste des représentations des femmes dans les jeux vidéos, en menaçant le campus d’une fusillade sanglante.

Autre exemple de l’antiféminisme qui gangrène le milieu dit « geek »: alors que le site Macholand, créé pour dénoncer l’omniprésence banale du sexisme, a été hacké dès sa première heure de lancement. Il a été remis en ligne très vite pour commencer à nous livrer les premiers exemples d’ « actions » (comprendre « action twitter » ou « action e-mail »), dont une première réussie sur la féminisation des statuts associatifs.

Autre star des réseaux sociaux cette semaine, le « Women project » de l’illustratrice brésilienne Carol Rosseti, qui propose des visuels invitant – en anglais – les femmes à se libérer des stéréotypes et oppressions.

La libération de la parole, c’est aussi l’interview très claire de CLASHES, qui en s’appuyant sur l’importante loi « Yes means yes », tout récemment adoptée en Californie sur les campus universitaires, revient sur les conditions de dénonciation du harcèlement sexuel dans l’Enseignement supérieur en France. 

Une mise au point importante quand on sait comme il est rare de voir des cas de violences traitées correctement par la justice...mais aussi par les médias. Crêpe Georgette propose une très utile traduction d’une charte espagnole rédigée par l’enseignante-chercheuse Pilar Lopez Diez, qui serait très profitable aux journalistes français-es.

Pour finir, toujours sur la visibilisation des oppressions mais sur une note plus légère, relayons l’annonce par Barbi(e)turix de la sortie prochaine (le 6 novembre aux Etats-Unis) de Life Partners, une comédie romantique où l’on retrouvera un binôme avec une hétérote (Gillian Jacobs, oui, c’est bien Britta de Community) et une lesbienne…oh mon dieu… Blair !

Revue du web du 6 au 12 octobre

Commençons cette revue du web par l’une des annonces de la secloud17maine : la jeune Malala Yousafzai a reçu le Prix Nobel de la Paix, avec un autre militant, « pour leur lutte contre l’exploitation des enfants et des jeunes et pour le droit des enfants à l’éducation ». Concernant les droits des enfants, des progrès considérables restent encore à faire dans le monde, notamment sur les mariages forcés. Pour sensibiliser les internautes à ce sujet, un faux blog d’une fillette norvégienne de 12 ans a été créé pour qu’elle raconte les préparatifs de son mariage avec un trentenaire. De nombreux internautes sont tombés dans le panneau, en avertissant notamment les services sociaux. L’effet de cette campagne, dont les méthodes sont quelque peu inhabituelles, a été semble-t-il réussi…

Autre sujet qui a agité les réseaux sociaux. Un documentaire, diffusé sur ARTE, sur le « girl power », a fait beaucoup parler de lui. « Et vous, que pensez-vous du marketing « girl power », arnaque ou démocratisation du féminisme ? », interroge Barbieturix.

Autre initiative dont on ne sait encore si elle aura son efficacité ou relève davantage du coup de com’, une plateforme de mobilisation contre le sexisme, « Macholand » va voir le jour le 14 octobre. Le participatif aura une place importante, avec un système d’alerte mais aussi de mobilisation et d’actions.

Finissons cette revue du web avec une piste envisagée à Londres pour lutter contre le harcèlement sexuel : créer des wagons réservés aux femmes. Les associations féministes locales ont accueilli cette proposition avec peu d’enthousiasme. « Pourquoi déplacer la victime plutôt que l’agresseur ? », demandait à juste titre une journaliste. Le problème semble reporté toujours sur la femme et non sur les hommes (voir en lien avec ce sujet notre article sur le harcèlement de rue).

Les Ourses à plumes

Revue du web du 29 septembre au 5 octobre

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L’actualité française la plus évidente en cette première semaine d’octobre c’est bien sûr le retour de l’homophobie et du sexisme les plus crasses dans nos rues ce dimanche. Parmi les réactions, une pétition anti-Manif « Pour Tous » organisée par All-Out et une BD qui reprend les contradictions et aspects problèmatiques évidents de cette mobilisation.

Toujours en France, retour sur la discrimination ordinaire du don du sang, fermé à celles et ceux qui n’ont pas une sexualité honnête de braves gens, et ce au-delà de toute considération de prise de risque effective. Et tandis que le gouvernement essaye de cacher sa politique d’austérité derrière de pseudos arguments féministes, de plus en plus de femmes en Ile-de-France vivent leur grossesse dans une terrible précarité.

Enfin, à Lyon, un collectif de soutien à Pinar Selek, militante féministe turque, réfugiée politique en France, s’est créé.

Quant aux femmes texanes, elles se voient privées d’un accès effectif à l’avortement, victimes de Républicains anti-avortement qui utilisent l’acharnement administratif pour obliger les centres à fermer.

Enfin, en Afghanistan, une femme d’un courage exemplaire se bat – malgré les terribles attaques, parfois mortelles, subies par elle et sa famille – pour permettre l’accès de ses compatriotes à la contraception et à l’avortement.

Les Ourses à plumes

De l’amour des enfants comme justification des violences homophobes et sexistes

L’onde de choc de la résurgence réactionnaire de ces deux dernières années n’en finit pas. Les Ourses à plumes consacrent un article à ses conséquences et aux résistances qui s’organisent.

Ce dimanche 5 octobre, la « Manif pour tous » organise sa manifestation de rentrée.

Mobilisant largement ses réseaux, il s’agit pour ses militants de maintenir la pression qu’ils exercent sur le monde politique, majoritairement via les réseaux sociaux et les institutions chrétiennes.

Un gouvernement au chevet de l’extrême-droite

Cette pression a fait ses preuves : après avoir reculé sur l’éducation contre l’homophobie et le sexisme, le gouvernement a rétrogradé le Ministère des droits des femmes au rang de secrétariat d’Etat rattaché aux Affaires sociales. Aujourd’hui, Manuel Valls a affirmé – sans qu’on le lui demande – que la France lutterait contre la retranscription automatique des actes de naissance par GPA (gestation pour autrui), et que le gouvernement attendrait l’avis du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE) sur la PMA (procréation médicalement assistée) avant de statuer. Rappelons que le CCNE temporise sur le sujet depuis sa saisine il y a maintenant plus d’un an et demi.

Le Premier ministre en profite pour signaler que pour lui « la famille est un repère, un pôle de stabilité », donnant ainsi quelques gages de plus au camp des réactionnaires.

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La mobilisation du mouvement LGBT

Pourtant, la « Manif pour tous » ne défend qu’un type bien précis de famille, celle avec un couple hétérosexuel de parents biologiques et des enfants bien conformes à leurs assignations de genre. Cette famille relève pourtant d’une minorité, si l’on tient compte de la part de familles monoparentales, recomposées, homoparentales.

C’est ce que veut démontrer AllOut dans une pétition et un rassemblement de « toutes les familles » ce même dimanche 5 octobre, de 11h à 14h Place de la République à Paris.

Cette réaction n’est pas la seule. Un témoignage paru hier sur Madmoizelle et intitulé « Ma mère est lesbienne et je vais très bien, merci » revient sur les idées reçues et sur l’homophobie ambiante.

Aujourd’hui paraît également dans Yagg un manifeste signé par 48 organisations et appelant à une « offensive » contre « les mouvements conservateurs et obscurantistes » autour de 3 axes : le travail parlementaire, la solidarité communautaire, et le développement des relations du mouvement LGBT avec les « organisations progressistes » (« partis, associations, syndicats, entreprises engagées… »).

Ce travail rejoint la campagne lancée par SOS Homophobie contre l’homophobie ordinaire. L’objectif de l’association est de rappeler l’omniprésence de l’homophobie et de toucher les publics qui recourent peu à sa ligne d’écoute : les jeunes, les femmes, les personnes trans*. Avec un spot bref et efficace, la campagne intitulée « Ne plus se taire » vise la libération de la parole et la visibilité des violences.

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La centralité des enfants dans le discours homophobe et sexiste et les attaques contre l’école

Lors du débat pour le mariage, les opposants à l’égalité des droits ont vite réalisé que les arguments contre l’adoption obtenaient davantage d’écho que ceux sur l’institution du mariage elle-même. La mise en avant de l’intérêt supérieur de l’enfant contre les projets de parentalité des personnes LGBT a été construite en mettant en cause les compétences parentales de ces dernières, en opposant l’accès à l’adoption pour les LGBT et pour les couples hétéros, et en agitant la menace du « trouble dans le genre » que les enfants éprouveraient sans nul doute à être élevé-e-s par des couples non-mixtes.

C’est toujours sur cette vague que surfent les homophobes, avec leur « An II que constituent les attaques contre les programmes de lutte contre les discriminations dans l’Education nationale, regroupés sous le terme fantaisiste de » théorie du genre ». (A ce sujet, voir l’excellent Tumblr parodique La future manif pour tous)

tumblr_mzx2leniTZ1tqlmc8o1_r1_1280Après la Journée de retrait de l’école de l’année dernière, les groupes de « vigilance anti-gender » lancés par la « Manif pour tous » ont été rejoints par une association de parents d’élèves fondée par Farida Belgoul et intitulée sobrement « Fédération autonome des parents engagés et courageux » (FAPEC). Sans encourager à provoquer du trafic sur son site, il est à noter que celui-ci contient des titres effectivement « courageux » tels que « La Russie soutient Farida Belgoul » ou « L’ABCD de la complémentarité de la FAPEC » , dont le premier volet s’intitule « Opération Contes traditionnels »… tout un programme.

Par ailleurs, la valorisation par Belgoul de l’école à domicile se double d’un enjeu économique, comme l’explique très bien Albert Herszkowicz dans Contre l’égalité: les enjeux commerciaux de Farida Belghoul.

On le voit, l’axe de la protection de l’enfance est avant tout un choix discursif, un « élément de langage », comme on dit en communication politique, et même… un créneau marketing.

L’amour des enfants, contre les enfants ?

Pourtant, cette référence systématique au bien des enfants repose sur une vision hétéronormative de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. C’est supposer que par défaut, par nature, les enfants seraient tou-te-s cisgenres et hétérosexuel-le-s. C’est ce que rappelait déjà Beatriz Preciado l’an dernier dans l’excellent texte « Qui défend l’enfant queer ? » et ce que Nils Muižnieks, le commissaire aux Droits de l’Homme au Conseil de l’Europe, a expliqué à son tour hier dans un texte paru sur son site : Les enfants LGBTI ont droit à la sécurité et à l’égalité.

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Car c’est bien contre les intérêts des enfants et adolescent-e-s LGBT (dont le taux de suicide est au moins 4 fois supérieur à la moyenne nationale) que les associations de familles catholiques ont obtenu temporairement le retrait de l’agrément de SOS Homophobie en décembre 2012, et s’attaquent maintenant, via le Conseil d’Etat, à l’agrément de la ligne Azur.

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La banalisation des violences fascistes : de Clément à Lucie

Mais si les discours et mobilisations de l’extrême-droite autour des questions de genre se sont centrés sur les enfants, ils ont ouvert une fenêtre pour faire passer toute une série de sujets plus traditionnels, et ont permis de respectabiliser les mouvements les plus violents et les plus réactionnaires. L’indulgence médiatique et sa complaisance envers ces militant-e-s qui assuraient des débats enflammés comme on les aime au 20h, a permis aux militant-e-s de base d’acquérir visibilité et confiance.

Cela s’est traduit par une aisance à afficher ses convictions, à grand renfort de t-shirts, sweats, ou collages ; mais aussi par une assurance à aller à la confrontation.

Ainsi, le nombre de témoignages d’agressions a augmenté de 140% entre 2011 et 2013, passant de 1397 à 3360 cas, soit en moyenne 9 agressions par jour. Les agressions spécifiquement physiques ont augmenté de 54%, et sont le plus souvent le fait d’inconnu-e-s, dans des lieux publics (Source : SOS Homophobie).

C’est bien ce contexte qui a permis à Esteban Morillo d’assassiner Clément Méric l’an dernier. C’est encore ce contexte qui engendre une multiplication des menaces et agressions de militantes, en particulier celles à caractère sexuel.

C’est le cas de Lucie, militante antifa, violée comme telle par un fasciste le 9 août 2013 et pour laquelle une mobilisation vient d’être lancée. Le prochain rendez-vous de solidarité sera le samedi 11 octobre, à 15h à Ménilmontant, à Paris.

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Alors que le Collectif contre le harcèlement de rue a réagi aux dérives racistes qui instrumentalisent cette question, (cf notre article sur le sujet), rappelons que les agressions physiques et sexuelles contre les femmes, les LGBT, les militant-e-s, sont bien un outil, une arme politique, pour nous réduire au silence et à la honte. Et que c’est bien ces militants d’extrême-droite qui constituent le véritable danger.

Dans ce contexte, l’Existrans s’impose comme une date permettant au mouvement LGBT de marquer sa présence dans la rue, le 18 octobre à 14h à Stalingrad, à Paris.

131011_Affiche2014-02-01-724x1024Ce sera également le cas du 25 novembre, journée contre les violences faites aux femmes, qui constituera une échéance importante pour le mouvement féministe. Le Collectif National des Droits des Femmes (CNDF) propose enfin une nouvelle date, spécifiquement contre les attaques réactionnaires, à déterminer d’ici au 8 mars. En attendant, un jour, une jonction nécessaire entre les deux mouvements contre l’offensive sur les questions de genre.