Revue du web du 16 au 23 février

cloud17Commençons cette revue du web par le procès de DSK, concernant l’affaire du Carlton. Les justifications de DSK et le débat autour des violences subies par les prostituées rappellent combien il est encore difficile de faire admettre que, oui, une prostituée peut être violée.

En Turquie, le viol et le meurtre d’une étudiante a suscité une grande mobilisation. Les femmes ont décidé de descendre dans la rue pour dénoncer le harcèlement dont elles sont victimes au quotidien.

En France, les femmes ne sont pas forcément plus en sécurité… En témoigne le viol subi par une passagère d’un RER, qui se serait déroulé sans que personne n’intervienne.

Autre sujet de cette semaine, le droit à l’avortement.Plusieurs propositions pour faciliter l’accès à l’avortement figurent dans un rapport présenté mercredi 18 février à la délégation aux Droits des femmes à l’Assemblée nationale. Parmi elles, la suppression du délai de sept jours imposé aux femmes qui ont choisi l’IVG.

Au Chili, la présidente Michelle Bachelet a entamé les démarches pour un projet de loi visant à dépénaliser l’avortement, encore passible de 5 ans de prison pour les femmes qui y ont recours. Quant à l’Espagne, son gouvernement a renoncé à certains points de son projet de loi (notamment l’interdiction de l’avortement même en cas de la malformation du fœtus) pour se concentrer sur les mineures y ont recours.

Finissons cette revue du web par deux bonnes nouvelles : un magazine féminin afghan essaie de renaître sur Internet ; et une petite victoire sur le sexisme en France, suite au tollé suscité par la mise en vente à la boutique de l’Assemblée nationale d’un tablier Olympe de Gouges.

Les Ourses à plumes

Revue du web du 5 au 11 janvier

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Cette semaine, le traitement de l’actualité fut dominé par le massacre perpétré au magazine Charlie Hebdo, et par les meurtres commis pour faciliter la cavale des deux auteurs.
Cependant, nous ne commencerons pas cette revue du web par « je suis Charlie ». Nous éprouvons bien sûr de l’horreur à ces morts tragiques et la plus grande compassion pour les familles des victimes. Nous n’avons aucune sympathie pour les trois assassins. Mais nous refusons l’hypocrisie et la récupération politique.
Non, nous n’étions pas d’accord avec la ligne éditoriale de Charlie Hebdo, et parmi ce qu’ils publiaient, il y avait des textes et des dessins qui s’opposaient aux valeurs que nous défendons. Ce n’est ni le lieu, ni le moment de faire la critique du sexisme, de l’homophobie et du racisme qu’on pouvait trouver dans ce magazine, et qu’ils aient tenu ces propos ne justifie en rien l’exécution de leurs auteurs. Cependant, non, nous ne sommes pas « Charlie ». Et Charlie n’était pas nous.
De plus, nous refusons de participer à la grande supercherie de « l’union nationale » : nous refusons de nous « unir » avec des gens qui mettent toute leur énergie à saper les droits des travailleurs, des personnes racisées, des femmes, des LGBTQs. Nous refusons de « défendre la République », qui est un système de domination que nous voudrions voir remplacé. Et nous refusons d’aider ces dominants à utiliser ces morts tragiques pour créer un écran de fumé sécuritaire et larmoyant derrière lequel continuer leur travail de sape.
Nous ne sommes pas Charlie. Nous sommes pour le respect de la liberté d’expression, de la vie et des droits de touTEs, contre les racismes, le sexisme et les LGBT-phobies. Et nous sommes de tout cœur avec les familles des victimes.

Nous irons au rassemblement contre la mobilisation islamophobe de dimanche 18 janvier, pour soutenir les victimes collatérales de ces assassinats. En effet, les violences à l’encontre des musulman-e-s ou identifié-e-s comme tel-le-s se sont multipliés ces derniers jours.

Autre rendez-vous militant, la manifestation du 17 janvier, commémorant les 40 ans de la loi sur l’avortement, et réaffirmant le droit à disposer de son corps.

L’actualité de cette semaine, c’est aussi, hélas, toujours le terrorisme, qui frappe au Nigéria, où des femmes et des petites filles sont forcées à commettre des attentats.

C’est aussi des responsables religieux, en Inde, qui, encore et toujours, voient le corps des femmes comme un outil de reproduction pour préserver leur pouvoir.

Mais c’est aussi la Namibie, où une politique volontariste permet l’accès des femmes aux responsabilités, même si c’est loin de régler tous les problèmes.

Et ce sont enfin des femmes congolaises qui se battent contre les préjugés, gants de boxe aux poings.

Les Ourses à plumes

De l’amour des enfants comme justification des violences homophobes et sexistes

L’onde de choc de la résurgence réactionnaire de ces deux dernières années n’en finit pas. Les Ourses à plumes consacrent un article à ses conséquences et aux résistances qui s’organisent.

Ce dimanche 5 octobre, la « Manif pour tous » organise sa manifestation de rentrée.

Mobilisant largement ses réseaux, il s’agit pour ses militants de maintenir la pression qu’ils exercent sur le monde politique, majoritairement via les réseaux sociaux et les institutions chrétiennes.

Un gouvernement au chevet de l’extrême-droite

Cette pression a fait ses preuves : après avoir reculé sur l’éducation contre l’homophobie et le sexisme, le gouvernement a rétrogradé le Ministère des droits des femmes au rang de secrétariat d’Etat rattaché aux Affaires sociales. Aujourd’hui, Manuel Valls a affirmé – sans qu’on le lui demande – que la France lutterait contre la retranscription automatique des actes de naissance par GPA (gestation pour autrui), et que le gouvernement attendrait l’avis du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE) sur la PMA (procréation médicalement assistée) avant de statuer. Rappelons que le CCNE temporise sur le sujet depuis sa saisine il y a maintenant plus d’un an et demi.

Le Premier ministre en profite pour signaler que pour lui « la famille est un repère, un pôle de stabilité », donnant ainsi quelques gages de plus au camp des réactionnaires.

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La mobilisation du mouvement LGBT

Pourtant, la « Manif pour tous » ne défend qu’un type bien précis de famille, celle avec un couple hétérosexuel de parents biologiques et des enfants bien conformes à leurs assignations de genre. Cette famille relève pourtant d’une minorité, si l’on tient compte de la part de familles monoparentales, recomposées, homoparentales.

C’est ce que veut démontrer AllOut dans une pétition et un rassemblement de « toutes les familles » ce même dimanche 5 octobre, de 11h à 14h Place de la République à Paris.

Cette réaction n’est pas la seule. Un témoignage paru hier sur Madmoizelle et intitulé « Ma mère est lesbienne et je vais très bien, merci » revient sur les idées reçues et sur l’homophobie ambiante.

Aujourd’hui paraît également dans Yagg un manifeste signé par 48 organisations et appelant à une « offensive » contre « les mouvements conservateurs et obscurantistes » autour de 3 axes : le travail parlementaire, la solidarité communautaire, et le développement des relations du mouvement LGBT avec les « organisations progressistes » (« partis, associations, syndicats, entreprises engagées… »).

Ce travail rejoint la campagne lancée par SOS Homophobie contre l’homophobie ordinaire. L’objectif de l’association est de rappeler l’omniprésence de l’homophobie et de toucher les publics qui recourent peu à sa ligne d’écoute : les jeunes, les femmes, les personnes trans*. Avec un spot bref et efficace, la campagne intitulée « Ne plus se taire » vise la libération de la parole et la visibilité des violences.

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La centralité des enfants dans le discours homophobe et sexiste et les attaques contre l’école

Lors du débat pour le mariage, les opposants à l’égalité des droits ont vite réalisé que les arguments contre l’adoption obtenaient davantage d’écho que ceux sur l’institution du mariage elle-même. La mise en avant de l’intérêt supérieur de l’enfant contre les projets de parentalité des personnes LGBT a été construite en mettant en cause les compétences parentales de ces dernières, en opposant l’accès à l’adoption pour les LGBT et pour les couples hétéros, et en agitant la menace du « trouble dans le genre » que les enfants éprouveraient sans nul doute à être élevé-e-s par des couples non-mixtes.

C’est toujours sur cette vague que surfent les homophobes, avec leur « An II que constituent les attaques contre les programmes de lutte contre les discriminations dans l’Education nationale, regroupés sous le terme fantaisiste de » théorie du genre ». (A ce sujet, voir l’excellent Tumblr parodique La future manif pour tous)

tumblr_mzx2leniTZ1tqlmc8o1_r1_1280Après la Journée de retrait de l’école de l’année dernière, les groupes de « vigilance anti-gender » lancés par la « Manif pour tous » ont été rejoints par une association de parents d’élèves fondée par Farida Belgoul et intitulée sobrement « Fédération autonome des parents engagés et courageux » (FAPEC). Sans encourager à provoquer du trafic sur son site, il est à noter que celui-ci contient des titres effectivement « courageux » tels que « La Russie soutient Farida Belgoul » ou « L’ABCD de la complémentarité de la FAPEC » , dont le premier volet s’intitule « Opération Contes traditionnels »… tout un programme.

Par ailleurs, la valorisation par Belgoul de l’école à domicile se double d’un enjeu économique, comme l’explique très bien Albert Herszkowicz dans Contre l’égalité: les enjeux commerciaux de Farida Belghoul.

On le voit, l’axe de la protection de l’enfance est avant tout un choix discursif, un « élément de langage », comme on dit en communication politique, et même… un créneau marketing.

L’amour des enfants, contre les enfants ?

Pourtant, cette référence systématique au bien des enfants repose sur une vision hétéronormative de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. C’est supposer que par défaut, par nature, les enfants seraient tou-te-s cisgenres et hétérosexuel-le-s. C’est ce que rappelait déjà Beatriz Preciado l’an dernier dans l’excellent texte « Qui défend l’enfant queer ? » et ce que Nils Muižnieks, le commissaire aux Droits de l’Homme au Conseil de l’Europe, a expliqué à son tour hier dans un texte paru sur son site : Les enfants LGBTI ont droit à la sécurité et à l’égalité.

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Car c’est bien contre les intérêts des enfants et adolescent-e-s LGBT (dont le taux de suicide est au moins 4 fois supérieur à la moyenne nationale) que les associations de familles catholiques ont obtenu temporairement le retrait de l’agrément de SOS Homophobie en décembre 2012, et s’attaquent maintenant, via le Conseil d’Etat, à l’agrément de la ligne Azur.

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La banalisation des violences fascistes : de Clément à Lucie

Mais si les discours et mobilisations de l’extrême-droite autour des questions de genre se sont centrés sur les enfants, ils ont ouvert une fenêtre pour faire passer toute une série de sujets plus traditionnels, et ont permis de respectabiliser les mouvements les plus violents et les plus réactionnaires. L’indulgence médiatique et sa complaisance envers ces militant-e-s qui assuraient des débats enflammés comme on les aime au 20h, a permis aux militant-e-s de base d’acquérir visibilité et confiance.

Cela s’est traduit par une aisance à afficher ses convictions, à grand renfort de t-shirts, sweats, ou collages ; mais aussi par une assurance à aller à la confrontation.

Ainsi, le nombre de témoignages d’agressions a augmenté de 140% entre 2011 et 2013, passant de 1397 à 3360 cas, soit en moyenne 9 agressions par jour. Les agressions spécifiquement physiques ont augmenté de 54%, et sont le plus souvent le fait d’inconnu-e-s, dans des lieux publics (Source : SOS Homophobie).

C’est bien ce contexte qui a permis à Esteban Morillo d’assassiner Clément Méric l’an dernier. C’est encore ce contexte qui engendre une multiplication des menaces et agressions de militantes, en particulier celles à caractère sexuel.

C’est le cas de Lucie, militante antifa, violée comme telle par un fasciste le 9 août 2013 et pour laquelle une mobilisation vient d’être lancée. Le prochain rendez-vous de solidarité sera le samedi 11 octobre, à 15h à Ménilmontant, à Paris.

10679745_1473772552900696_8073718529564333677_oReprendre la rue

Alors que le Collectif contre le harcèlement de rue a réagi aux dérives racistes qui instrumentalisent cette question, (cf notre article sur le sujet), rappelons que les agressions physiques et sexuelles contre les femmes, les LGBT, les militant-e-s, sont bien un outil, une arme politique, pour nous réduire au silence et à la honte. Et que c’est bien ces militants d’extrême-droite qui constituent le véritable danger.

Dans ce contexte, l’Existrans s’impose comme une date permettant au mouvement LGBT de marquer sa présence dans la rue, le 18 octobre à 14h à Stalingrad, à Paris.

131011_Affiche2014-02-01-724x1024Ce sera également le cas du 25 novembre, journée contre les violences faites aux femmes, qui constituera une échéance importante pour le mouvement féministe. Le Collectif National des Droits des Femmes (CNDF) propose enfin une nouvelle date, spécifiquement contre les attaques réactionnaires, à déterminer d’ici au 8 mars. En attendant, un jour, une jonction nécessaire entre les deux mouvements contre l’offensive sur les questions de genre.

Revue du web du 8 au 14 septembre

Cette semaine a étcloud17é marquée par une victoire : la Maternité des Lilas ne sera pas transférée à Montreuil. Une issue qui semblait inespérée malgré plusieurs mois de lutte.

Pour continuer sur les luttes des femmes, un documentaire vient de sortir en salle, « On a grévé », avec pour sujet la lutte de femmes immigrées salariées dans l’hôtellerie, qui en ont eu marre de se faire exploiter. Un exemple à suivre, et qui montre que les plus exploitées peuvent aussi réussir à se battre et gagner.

Les injustices femmes-hommes restent encore nombreuses à combattre. La nouvelle secrétaire d’Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard, ne l’a pas nié dans ses premières déclarations. On le constate au quotidien, ne serait-ce qu’au supermarché, où des produits similaires tels que rasoirs ou crèmes sont ciblés pour les hommes et les femmes avec des prix plus élevés pour celles-ci, ce qu’on appelle la « woman tax » sur les réseaux sociaux.

Finissons par deux bonnes nouvelles, l’apparition d’un petit nouveau dans les médias féministes : le magazine lesbien Well Well Well. Mais aussi l’organisation pour la première fois d’un rassemblement à Paris pour la journée internationale de la bisexualité, le 23 septembre.

Les Ourses à plumes

« Harcèlement de rue », phénomène de mode médiatique ou prise de conscience du patriarcat ?

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Cela fait plusieurs semaines que je reporte l’écriture de cet article sur le harcèlement de rue. Le sujet a tellement fait couler d’encre (ou plutôt animé les claviers), que je ne savais pas par quel bout l’aborder.

Et puis, ce soir, le déclic. Je sors de la bouche du métro, un homme me dit « Bonsoir madame… ». Cela pourrait être anodin a priori, quel mal y-a-t-il à être poli ? Mais cette interpellation était accompagnée d’un sourire, un sourire qui parlait, tout autant que ses yeux fixés sur moi. Par réflexe – de protection ? – j’ai remis ma veste, malgré les 30°C. Je ne réponds rien, je trace ma route. Quelques pas plus loin, je réalise que ce « Bonsoir » sonnait plus comme « Baisable ».

Une anecdote banale, quotidienne, pour nous les femmes, un comportement auquel nous sommes confrontées depuis très jeunes. Le mâle en chaleur était jusque-là excusable : « elle n’avait qu’à ne pas mettre une jupe », « elle ne devrait pas sortir tard », « elle aurait dû passer par un autre endroit »… Aujourd’hui, une prise de conscience de la société semble s’affirmer. Non, ce n’est pas normal, on lui a même donné un nom : le harcèlement de rue.

Un phénomène médiatique

Depuis quelques années, mais de manière plus intense depuis plusieurs mois, la toile s’agite pour dénoncer cette pratique. Blogs, tumblr, collectifs, bande-dessinée, caméra cachée, des idées d’outils de lutte ou même mémoire de recherche circulent. Tous les outils ont été utilisés pour médiatiser le harcèlement de rue. On peut citer par exemple la BD très connue (et très utile) du « Projet Crocodiles » qui rapporte des témoignages de femmes agressées en identifiant les hommes par des crocodiles, mais aussi en proposant des outils de lutte. Récemment, un homme a parodié cette BD et d’autres initiatives féministes avec un mauvais goût sidérant. Heureusement, les féministes ont été réactives et condamné ses dessins se moquant de l’ « exagération paranoïaque des victimes ».

Si on peut saluer la prise de conscience collective de ce phénomène de harcèlement de rue, on peut s’inquiéter également des réactions masculinistes ou indifférentes qu’il suscite. De plus, cet effet de mode médiatique « Faisons un article féministe sur le harcèlement de rue cela plaira aux femmes » a ses dérives, notamment sécuritaires. Il ne faut pas interpréter le harcèlement de rue comme une forme de délinquance qui sévit seulement dans des quartiers qui craignent. Ce « phénomène » est parfois instrumentalisé à des fins racistes, comme le montre la vidéo qui a fait le buzz en Belgique. Non, le harcèlement n’est pas propre aux quartiers populaires et aux personnes issues de l’immigration. D’autant plus, que, contrairement à certaines idées reçues, les femmes connaissent souvent leur agresseur. Ainsi, c’est le cas de 83% des femmes victimes de viols ou de tentatives de viols.

Un révélateur de l’oppression des hommes

Le terme même de « harcèlement de rue » est trompeur, le harcèlement n’est pas une agression seulement présente dans ce type de lieu, les femmes en font les frais dans tout type de situation.

Il paraît plus utile d’avoir une analyse différente de la plupart des articles écrits sur le sujet. Pour nous, le mot « patriarcat » n’est pas un gros mot. Si le harcèlement est présent dans la vie de tous les jours de milliers de femmes en France, mais aussi dans les autres pays du monde, ce n’est pas à cause de l’insécurité, pas à cause d’incivilités ou de méthodes de drague lourdingues, mais bien parce que nous vivons dans un monde où ce sont les hommes qui règnent, qui veulent dominer.

Le harcèlement de rue n’est qu’une forme parmi d’autres des effets du système patriarcal. La domination des hommes s’exerce de différentes manières, mais elle est encore plus visible dans la rue. Ce sont les hommes qui contrôlent l’espace public, qui excluent les femmes de cet espace. Une femme baissera les yeux devant un groupe d’hommes qui la regarde passer, par réflexe, par habitude, une mauvaise habitude. Si une femme choisit de passer la tête haute, avec une démarche affirmée, elle s’attirera des remarques. Plus ou moins que celle qui aura baissé les yeux ? Pas sûr. Mais est-ce normal de devoir faire attention à son attitude ? La rue appartient aux hommes, un espace parmi tant d’autres (la politique, les médias, le domicile…).

Des droits encore à conquérir

Petit à petit, les femmes doivent se le réapproprier, mais elles doivent avoir conscience que ce n’est qu’un maillon d’une grande chaîne. Les hommes considèrent que le corps des femmes est à leur disposition, ce sont à eux de juger si elles sont « belles » ou « bonnes ». Ainsi, faire porter aux femmes la responsabilité de ce qui leur arrive dans la rue est complétement insensé. Elles ont le droit, de circuler dans tout espace public au même titre que les hommes, sans avoir à faire attention au regard porté sur elles.

Certes, ce serait moins percutant de parler d’ « harcèlement patriarcal », mais ce serait plus juste, car c’est le système patriarcal qui profite de cette domination. Analyser le « harcèlement de rue » comme s’il était un phénomène de délinquance nouveau est une erreur, il relève davantage du contrôle social patriarcal que d’une déviance. A force d’écrire sur le sujet comme s’il s’agissait d’un quelconque fait de société, on parvient, paradoxalement, à le banaliser.

Ourse Malléchée