Revue du web du 9 au 15 février

cloud17 Alors que la Saint Valentin a été, comme chaque année, l’occasion d’une forte propagande consumériste et hétéronormative, Le Monde s’intéresse à la production de roses en Afrique, où la main-d’œuvre, majoritairement féminine, est soumise à une forte exploitation capitaliste et coloniale. Plusieurs milliers de femmes philippines en ont quant à elles profité pour se mobiliser contre les violences faites aux femmes au cours d’un flash-mob. En France, des féministes mobilisées contre l’extrême-droite et le fascisme reviennent sur les dangers que présente le FN pour les droits des femmes. D’autres se mobilisent sur Twitter contre les clichés sexistes véhiculés (haha) par les pubs. Très bonne nouvelle pour l’américaine Chelsea Manning, toujours emprisonnée dans son pays pour « trahison », et qui a enfin obtenu le droit d’avoir accès à un traitement hormonal. Quant à Anita Sarkeesian, toujours victime de harcèlement violent pour son analyse du monde des jeux vidéo, elle devient un personnage du jeu Towerfall (par ailleurs assez fun à jouer).

Les Ourses à plumes

Revue du web du 26 janvier au 1er février

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La revue du Web de cette semaine est marquée par le sujet des viols et violences faites aux femmes, et du rôle qu’y jouent les institutions.

En Egypte les femmes se mobilisent pour lutter contre les violences dont elles sont victimes chez elles, dans le cadre d’actions militantes et de la part de la police. Leur situation est très grave et elles ne sont en sécurité nulle part.

En Équateurs les femmes se mobilisent contre ces violences et le féminicide, prégnant dans le pays, en osant utiliser le mot « putain » pour se réapproprier le stigmate. Une démarche qui leur a attiré les foudres des autorités catholiques, plus préoccupées du vocabulaire des femmes que de leur sécurité.

En Inde c’est toujours au nom de l »autorité morale qu’un conseil du village qui a condamné une femme à subir un viol collectif.

Mais pas besoin d’aller plus loin qu’en France pour constater qu‘un homme qui a violé sa femme à plusieurs reprises est protégé par la justice qui le condamne à du sursis et par les journalistes, qui relatent l’affaire avec des guillemets autour du mot viol… Et comme le fait remarquer un commentateur : « Du sursis pour plusieurs viols conjugaux… (crimes avec circonstances aggravantes) A comparer avec des peines de prison ferme pour apologie du terrorisme (délit) »

Tandis qu’en Belgique des femmes osent enfin parler des enlèvements d’enfants dont elles ont été victimes de la part d’institutions catholiques, qui les jugeait indignes d’être mères.

Occident toujours : exercer sa liberté d’expression, quand on est une femme, c’est s’exposer à des agressions, des menaces de mort et de viol, et au harcèlement, comme l’exemple d’Anita Sarkeesian continue hélas à nous le montrer.

Dans le reste de l’actualité, la fermeture d’un centre IVG éloigne un peu plus, 40 ans après la Loi Veil, les femmes de l’accès effectifs au droits fondamentaux de la contraception et de l’avortement; la grand écrivaine Nancy Huston rappelle quelques vérité qui fâchent sur Charlie Hebdo et, alors qu’on commémore les 70 ans de la libération des camps de concentration nazi, un article invite à rendre aussi hommage au femmes (et compagnons) de déporté-e-s, victimes collatérales et qui ont porté le poids de ces événements tragiques pendant des décennies.

De l’amour des enfants comme justification des violences homophobes et sexistes

L’onde de choc de la résurgence réactionnaire de ces deux dernières années n’en finit pas. Les Ourses à plumes consacrent un article à ses conséquences et aux résistances qui s’organisent.

Ce dimanche 5 octobre, la « Manif pour tous » organise sa manifestation de rentrée.

Mobilisant largement ses réseaux, il s’agit pour ses militants de maintenir la pression qu’ils exercent sur le monde politique, majoritairement via les réseaux sociaux et les institutions chrétiennes.

Un gouvernement au chevet de l’extrême-droite

Cette pression a fait ses preuves : après avoir reculé sur l’éducation contre l’homophobie et le sexisme, le gouvernement a rétrogradé le Ministère des droits des femmes au rang de secrétariat d’Etat rattaché aux Affaires sociales. Aujourd’hui, Manuel Valls a affirmé – sans qu’on le lui demande – que la France lutterait contre la retranscription automatique des actes de naissance par GPA (gestation pour autrui), et que le gouvernement attendrait l’avis du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE) sur la PMA (procréation médicalement assistée) avant de statuer. Rappelons que le CCNE temporise sur le sujet depuis sa saisine il y a maintenant plus d’un an et demi.

Le Premier ministre en profite pour signaler que pour lui « la famille est un repère, un pôle de stabilité », donnant ainsi quelques gages de plus au camp des réactionnaires.

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La mobilisation du mouvement LGBT

Pourtant, la « Manif pour tous » ne défend qu’un type bien précis de famille, celle avec un couple hétérosexuel de parents biologiques et des enfants bien conformes à leurs assignations de genre. Cette famille relève pourtant d’une minorité, si l’on tient compte de la part de familles monoparentales, recomposées, homoparentales.

C’est ce que veut démontrer AllOut dans une pétition et un rassemblement de « toutes les familles » ce même dimanche 5 octobre, de 11h à 14h Place de la République à Paris.

Cette réaction n’est pas la seule. Un témoignage paru hier sur Madmoizelle et intitulé « Ma mère est lesbienne et je vais très bien, merci » revient sur les idées reçues et sur l’homophobie ambiante.

Aujourd’hui paraît également dans Yagg un manifeste signé par 48 organisations et appelant à une « offensive » contre « les mouvements conservateurs et obscurantistes » autour de 3 axes : le travail parlementaire, la solidarité communautaire, et le développement des relations du mouvement LGBT avec les « organisations progressistes » (« partis, associations, syndicats, entreprises engagées… »).

Ce travail rejoint la campagne lancée par SOS Homophobie contre l’homophobie ordinaire. L’objectif de l’association est de rappeler l’omniprésence de l’homophobie et de toucher les publics qui recourent peu à sa ligne d’écoute : les jeunes, les femmes, les personnes trans*. Avec un spot bref et efficace, la campagne intitulée « Ne plus se taire » vise la libération de la parole et la visibilité des violences.

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La centralité des enfants dans le discours homophobe et sexiste et les attaques contre l’école

Lors du débat pour le mariage, les opposants à l’égalité des droits ont vite réalisé que les arguments contre l’adoption obtenaient davantage d’écho que ceux sur l’institution du mariage elle-même. La mise en avant de l’intérêt supérieur de l’enfant contre les projets de parentalité des personnes LGBT a été construite en mettant en cause les compétences parentales de ces dernières, en opposant l’accès à l’adoption pour les LGBT et pour les couples hétéros, et en agitant la menace du « trouble dans le genre » que les enfants éprouveraient sans nul doute à être élevé-e-s par des couples non-mixtes.

C’est toujours sur cette vague que surfent les homophobes, avec leur « An II que constituent les attaques contre les programmes de lutte contre les discriminations dans l’Education nationale, regroupés sous le terme fantaisiste de » théorie du genre ». (A ce sujet, voir l’excellent Tumblr parodique La future manif pour tous)

tumblr_mzx2leniTZ1tqlmc8o1_r1_1280Après la Journée de retrait de l’école de l’année dernière, les groupes de « vigilance anti-gender » lancés par la « Manif pour tous » ont été rejoints par une association de parents d’élèves fondée par Farida Belgoul et intitulée sobrement « Fédération autonome des parents engagés et courageux » (FAPEC). Sans encourager à provoquer du trafic sur son site, il est à noter que celui-ci contient des titres effectivement « courageux » tels que « La Russie soutient Farida Belgoul » ou « L’ABCD de la complémentarité de la FAPEC » , dont le premier volet s’intitule « Opération Contes traditionnels »… tout un programme.

Par ailleurs, la valorisation par Belgoul de l’école à domicile se double d’un enjeu économique, comme l’explique très bien Albert Herszkowicz dans Contre l’égalité: les enjeux commerciaux de Farida Belghoul.

On le voit, l’axe de la protection de l’enfance est avant tout un choix discursif, un « élément de langage », comme on dit en communication politique, et même… un créneau marketing.

L’amour des enfants, contre les enfants ?

Pourtant, cette référence systématique au bien des enfants repose sur une vision hétéronormative de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. C’est supposer que par défaut, par nature, les enfants seraient tou-te-s cisgenres et hétérosexuel-le-s. C’est ce que rappelait déjà Beatriz Preciado l’an dernier dans l’excellent texte « Qui défend l’enfant queer ? » et ce que Nils Muižnieks, le commissaire aux Droits de l’Homme au Conseil de l’Europe, a expliqué à son tour hier dans un texte paru sur son site : Les enfants LGBTI ont droit à la sécurité et à l’égalité.

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Car c’est bien contre les intérêts des enfants et adolescent-e-s LGBT (dont le taux de suicide est au moins 4 fois supérieur à la moyenne nationale) que les associations de familles catholiques ont obtenu temporairement le retrait de l’agrément de SOS Homophobie en décembre 2012, et s’attaquent maintenant, via le Conseil d’Etat, à l’agrément de la ligne Azur.

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La banalisation des violences fascistes : de Clément à Lucie

Mais si les discours et mobilisations de l’extrême-droite autour des questions de genre se sont centrés sur les enfants, ils ont ouvert une fenêtre pour faire passer toute une série de sujets plus traditionnels, et ont permis de respectabiliser les mouvements les plus violents et les plus réactionnaires. L’indulgence médiatique et sa complaisance envers ces militant-e-s qui assuraient des débats enflammés comme on les aime au 20h, a permis aux militant-e-s de base d’acquérir visibilité et confiance.

Cela s’est traduit par une aisance à afficher ses convictions, à grand renfort de t-shirts, sweats, ou collages ; mais aussi par une assurance à aller à la confrontation.

Ainsi, le nombre de témoignages d’agressions a augmenté de 140% entre 2011 et 2013, passant de 1397 à 3360 cas, soit en moyenne 9 agressions par jour. Les agressions spécifiquement physiques ont augmenté de 54%, et sont le plus souvent le fait d’inconnu-e-s, dans des lieux publics (Source : SOS Homophobie).

C’est bien ce contexte qui a permis à Esteban Morillo d’assassiner Clément Méric l’an dernier. C’est encore ce contexte qui engendre une multiplication des menaces et agressions de militantes, en particulier celles à caractère sexuel.

C’est le cas de Lucie, militante antifa, violée comme telle par un fasciste le 9 août 2013 et pour laquelle une mobilisation vient d’être lancée. Le prochain rendez-vous de solidarité sera le samedi 11 octobre, à 15h à Ménilmontant, à Paris.

10679745_1473772552900696_8073718529564333677_oReprendre la rue

Alors que le Collectif contre le harcèlement de rue a réagi aux dérives racistes qui instrumentalisent cette question, (cf notre article sur le sujet), rappelons que les agressions physiques et sexuelles contre les femmes, les LGBT, les militant-e-s, sont bien un outil, une arme politique, pour nous réduire au silence et à la honte. Et que c’est bien ces militants d’extrême-droite qui constituent le véritable danger.

Dans ce contexte, l’Existrans s’impose comme une date permettant au mouvement LGBT de marquer sa présence dans la rue, le 18 octobre à 14h à Stalingrad, à Paris.

131011_Affiche2014-02-01-724x1024Ce sera également le cas du 25 novembre, journée contre les violences faites aux femmes, qui constituera une échéance importante pour le mouvement féministe. Le Collectif National des Droits des Femmes (CNDF) propose enfin une nouvelle date, spécifiquement contre les attaques réactionnaires, à déterminer d’ici au 8 mars. En attendant, un jour, une jonction nécessaire entre les deux mouvements contre l’offensive sur les questions de genre.

Revue web spéciale 23 septembre : Journée internationale de la Bisexualité

weareeverywhereLa revue de web des Ourses arrive un peu plus tard cette semaine car nous voulions la faire coïncider avec le 23 septembre, qui est la Journée internationale de la Bisexualité.

La bisexualité c’est le fait d’être attiré-e par des personnes de genres différents. Le terme a été questionné, de par la binarité de genre qu’il suppose, et certain-e-s lui préfèrent « pansexuel-le-s » ou « polysexuel-le-s » (à ne pas confondre avec « polyamoureux/ses »).

Cette thématique a pleinement sa place dans un webzine féministe puisque le patriarcat étant fondé sur la supposée complémentarité (et hiérarchisation) des genres, tout ce qui vient fragiliser l’hétérosexualité comme construction politique va dans le sens de l’émancipation des femmes.

La bisexualité a ceci de particulier qu’elle remet en cause radicalement la binarité de genre, en refusant les cases « hétéro/homo » et s’oppose donc à l’homonormativité qui s’est largement développée ces dernières années. Son caractère dérangeant apparaît clairement dans les attaques que subissent les bi-e-s, qui relèvent de l’invisibilisation, la stigmatisation, les insultes, voire le harcèlement moral. Cette biphobie commence à être dénoncée de plus en plus, à l’exemple du Tumblr La Bisexualité m’a tuer, qui vise à sensibiliser à la biphobie, ou encore dans un article critique sur la pansexualité dans Dr Who (sisi) paru sur Yagg.

C’est en 1999, il y a donc 15 ans, que la Journée internationale de la Bisexualité a été fixée au 23 septembre. Le mouvement bi est encore jeune, et cette année ce sera la première fois qu’un rassemblement aura lieu à Paris (18h Place Stravinsky).

Ce rassemblement est organisé par l’association Bi’cause, à peu près seule assoc exclusivement bie en Ile-de-France, et soutenu par le Centre LGBT Paris/IDF, FièrEs, le MAG Jeunes LGBT, et SOS Homophobie. Il a d’ores et déjà permis de mobiliser le milieu LGBT de façon un peu plus volontariste que les années précédentes.

Cela se traduit par des visuels, des articles, comme celui de Barbi(e)turix, ou encore des albums photos, à l’image de celui de SOS Homophobie PACA qui nous livre les petits papiers rédigés par des lycéen-ne-s sur le sujet. Et l’excellente et toute neuve revue lesbienne Well Well Well consacre un Data à la biphobie chez les lesbiennes. Une raison de plus de courir l’acheter !

Le blog Biplan de Yagg recense les initiatives de la journée, partout en France et dans le monde. et rappelle que les mots-clés utilisés sur les réseaux sociaux sont : #BiPride, #BiVisibilityDay, Bi’cause, ou encore Journée de la bisexualité.

La fierté ou la visibilité sont en effet au cœur de la démarche. C’est donc logiquement que les (rares) médias non communautaires axent leurs articles sur cet angle. Ainsi Aufeminin choisit une approche people, qui malheureusement montre le chemin à parcourir puisque sont mises dans le même diaporama des stars bies et lesbiennes…ce qui en creux révèle la difficulté à trouver des stars ayant fait leurs coming-out.

Pour en savoir plus, rappelons que SOS Homophobie a sorti une enquête l’an dernier qui revient précisément sur l’invisibilisation et la stigmatisation des bisexuel-le-s.

Revue du web du 25 août au 1er septembre

La Une de cette revue web du 1er septembre, c’est bien sûr la disparition du ministère des Droits des femmes, remplacé par un secrétariat d’Etat du Ministère des Affaires sociales et de la Santé.  Ce nouveau recul et la lecture de la condition féminine qu’il traduit est dénoncé par de nombreuses organisations féministes, avec un appel à manifester le 2 septembre.

Poursuivons avec 3 enquêtes concernant les femmes qui ont fait du bruit cette semaine :

– Le modèle allemand a-t-il du plomb (féministe) dans l’aile ? Une étude montre que les femmes allemandes gagnent en moyenne moitié moins que les hommes. Les causes sont toujours les mêmes : des métiers moins bien payés et des temps partiels imposés. Reste que l’autonomie financière des femmes est alors gravement menacée.

– En France, bien sûr, l’accès des femmes au travail n’est pas plus assuré. Une enquête publiée jeudi par le Centre d’études de l’emploi signale que les femmes avec enfants touchent encore des salaires inférieurs à ceux des femmes sans enfant, qui en moyenne font plus d’heures. En creux, le rappel de l’inégalité du partage des tâches et l’insuffisance des services publics.

– 3e étude, plus joyeuse et qui a fait beaucoup parler d’elle,  celle démontrant que les lesbiennes ont plus d’orgasmes que les hétéros. Barbi(e)turix approfondit la question…

Et enfin, l’anecdote du « top du marketing sexiste », cette semaine, Sanofi propose aux Italiens une appli pour supporter sa femme pendant ses règles. Elégamment appelée SOS PMS, elle était censée promouvoir un médicament pour lutter contre le syndrome prémenstruel…donc à destination des femmes !

Revue du web du 11 au 17 août

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Parce que l’émancipation des femmes ne se fera pas sans l’émancipation de tou-te-s les opprimé-e-s,  et parce que la majorité des femmes ne sont pas blanches, les Ourses souhaitent placer cette revue de web sous le signe de l’intersectionnalité.

Commençons donc par le meurtre raciste de Mike Brown à Ferguson, qui a vu fleurir la solidarité d’assocs LGBT, signataires d’un texte qui rappelle cette phrase de Martin Luther King : “In the end, we will remember not the words of our enemies … but the silence of our friends.”*

Le racisme frappe toujours en France, en particulier sous sa déclinaison islamophobe, mais la contre-offensive s’organise : grâce à l’action du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la mairie de Wissous a vu annuler son règlement refoulant les femmes voilées de ses plages.

Un peu partout dans le monde, les mobilisations des femmes portent leurs fruits : en Tunisie, le ministre de la Justice, des droits de l’homme et de la justice transitionnelle a annoncé la suppression des articles garantissant l’impunité aux hommes qui épouseraient les mineures qu’ils auraient violées ou enlevées.

En Afrique du Sud, toutes les femmes séropositives enceintes auront accès aux traitements antirétroviraux à partir de l’année prochaine : une avancée importante pour la lutte contre la pandémie et pour les conditions de vie des femmes sud-africaines.

Moins collectif, mais admirable tout de même : une jeune fille indienne a coupé le pénis de l’oncle qui l’avait violée et s’apprêtait à recommencer. Commentaire de la police : « Pourquoi devrions-nous déposer une plainte contre elle ? Nous devrions surtout applaudir sa bravoure et son courage ». On attend d’entendre la même chose en France…

Côté sciences et culture,  la médaille Fields, couramment nommée « Nobel de mathématiques » a pour la première fois été attribuée à une femme, l’Iranienne Maryam Mirzakhani, ancienne étudiante de l’Université Sharif de Téhéran, dans un pays où, malgré les préjugés, les femmes sont plus nombreuses à l’université que les hommes.

Autre femme remarquable, Wang Shu Hui, qui dans les années 30 était la seule dessinatrice de bandes dessinées chinoise : son œuvre majeure, 4 femmes, profondément féministe, vient d’être enfin traduite et éditée en France. Un extrait ici.

Pour finir sur une note enthousiasmante et attendrissante : la maman d’une petite fille trans raconte en 7 minutes (et en anglais) leur histoire. Avec quelques maladresses, et quelques questions très justes sur le genre.

* “A la fin, nous ne souviendrons pas des mots de nos ennemis… mais du silence de nos amis »

Revue du web du 14 juillet au 20 juillet

Alors qu’en Palestine occupée l’armée israélienne fait des centaines de victimes civiles, une parlementaire israélienne a appelé au meurtre des mères palestiniennes, démontrant comment impérialisme et nationalisme peuvent se conjuguer pour casser la solidarité entre les femmes et les détourner d’une lutte pour leurs intérêts communs.

Autre sujet brûlant de l’actualité cette semaine, la tragédie du crash du MH17 en Ukraine, qui a coûté la vie à de nombreux acteurs de la lutte contre le VIH/Sida. L’un des enjeux de cette lutte est l’accès des femmes à des médicaments qui leur soient adaptés ; en effet, comme l’a récemment rappelé la FDA, ceux-ci ne sont le plus souvent testés que sur des hommes, démonstration éclatante du biais de nos sociétés hétéro-patriarcales qui voient dans l’homme mâle la référence et la norme. Quant à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, elle se prononce sur l’équivalence faite en France entre “pratiques à risques” et “pratiques entre hommes” dans le cadre du don du sang. Les Polonaises, elles, citoyennes européennes, doivent toujours lutter pour leur droit à l’avortement, affrontant entre autres des médecins qui n’hésitent pas à leur mentir pour les empêcher d’exercer ce droit fondamental.

En France, mobilisation des associations contre les restrictions budgétaires visant le Cauva, un dispositif d’aides aux victimes d’agressions dont l’efficacité était pourtant reconnue. Le débat législatif, lui, porte sur la récente décision de la CEDH concernant le droit des enfants nés de GPA (gestation pour autrui)  de se voir reconnaître une filiation. Un débat difficile, puisqu’il implique des enfants qui existent bel et bien. Cette procédure médicale, avec contrats, placent souvent des femmes au rang de simple outils de production, les privant du droit de disposer de leurs corps pendant plusieurs mois, le tout dans un contexte de domination social et post-colonial.

Dans la banlieue parisienne, des femmes cumulant les oppressions luttent pour s’en sortir se heurtent de plein fouet aux travaux “d’aide à la personne”. Elles cumulent précarité, temps partiels subis, salaire très faible et conditions de travail très dures, qui correspondent au rôle genré de soin et de dévouement que la société leur attribue.

Loin de ces préoccupations, nos dirigeants peinent à imposer un semblant de parité dans les instances européennes, leur besoin de placer leurs amis étant apparemment plus fort que leur envie de préserver le système de domination en donnant une image de mixité parmi ceux-celles qui doivent le diriger.

Or on sait pourtant qu’être une femme ne veut pas forcément dire avoir conscience des phénomènes et du système de domination auxquels on est soumises. Les normes hétéro-patriarcales sont tellement bien intégrées que certaines les défendent, volontairement ou non. Un tumblr anti-féministe a ainsi été créé cette semaine, on y voit des femmes poser avec des pancartes, qui considèrent le terme de “féministe” comme étant une insulte. C’est donc à nous qui savons et nous revendiquons féministes de riposter  – si possible intelligemment.

Pour finir sur une note plus légère, voici une “ tendance beauté” salvatrice alors que les températures caniculaire de ces derniers jours donnent envie de se découvrir les guibolles.

À dans une semaine pour la prochaine revue du web,

Les Ourses à plumes